[Introduction]

Mon ancien moi : Cherche-mwa


Le spectre.
Apparition fantomatique d'une personne au seuil de la mort.

Casper Dream.



Je crois que chaque personne mérite d'être connue, pourtant ce n'est certainement pas moi qui voudrait toute les connaître, par contre, je peux toutes les accepter, je veux connaître celles qui me comprendront, celles qui m'accepteront, celles qui m'aimeront pour ce que je suis et pas pour ce que je parais être.


Car il y a l'être et le paraître, en tout, trois personnes en un même corps :
- Il y a l'enveloppe charnelle, la barrière, la protection ou la carapace, c'est le paraître,
- Ensuite il y a l'ombre, la face noire et infinie, cachée, mais bien vivante, c'est l'être,
- Et pour finir il y a le reflet, l'être et le paraître à la fois, la combinaison de tout l'ensemble, un peu comme le yin et le yang, compact ensemble totalement indissociable de l'être.


S'accepter, c'est accepter les trois parties, certains avec leur enveloppe charnelle se montreront entièrement mais ils sont très rares, d'autre n'accepteront que leur ombre car par exemple ils n'aiment pas leur aspect physique, d'autre aduleront leur reflet et se centreront totalement sur eux-mêmes, un jour on m'a dit que j'étais de cette catégorie mais je ne suis absolument pas d'accord aussi non les personnes qui arriveraient à me supporter se compteraient sur une seule main, ce n'est pas que j'ai des centaines d'amis mais je sais que je ne suis pas du genre insupportable...


Je pense donc pouvoir accepter les trois parties de mon être, mais qui n'a jamais sentis qu'en lui-même il y avait comme une sorte de petite guerre intérieure ? Voilà, les idées contradictoires, changer d'avis souvent, voilà, c'est ça...


Pour finir cet article d'introduction je vais citer Paul Eluard :
« Je dédie ces pages à ceux qui ne les liront mal et à ceux qui ne les aimeront pas. »

Good luck...


[Texte : Grouny]
[Photo : Grouny, To be in fear]

# Posté le jeudi 27 juillet 2006 09:32

Modifié le mercredi 02 août 2006 14:41

[Rêves et piqûres]

[Rêves et piqûres]
A little coup de coeur, bref à écouter : Plastiscine

Extrait de Miss Acacia :


Elle était seule, encore une fois, à vrai dire cela arrivait tellement souvent que cela en soit devenu une habitude. Allongée sur le dos, elle fixait le plafond, espace si immense qu'il menaçait de s'effondrer à la moindre occasion, alors elle le fixait avec un air plus qu'implorant : « Pas aujourd'hui, pas ce soir... »
Le plafond, aussi impossible que cela puisse paraître, l'a comprit, elle le fixa, rêveuse des étoiles plein les yeux elle pensait à ses rêves, ceux qu'elle allait peut-être faire cette nuit, ceux qui allaient enfin la faire vivre...
Elle voulait que ce soir ils soient beaux, presque irréels, mais d'habitude, pour le monde entier, un plafond ne pouvait absolument pas intervenir dans les rêves d'une jeune fille, pourtant, pour elle, c'était lui et personne d'autre qui l'aiderait à rêver comme jamais elle ne l'avait fait.
Malgré le bruit qui régnait dans le couloir, elle s'étendit de tout son long en travers son lit, elle commença à vider son esprit, pour tout simplement s'endormir et sûrement rêver, à nouveau, encore une fois.

Sans douceur, mais calmement, elle ne put s'empêcher de lui montrer ses dents, elle lui sourit, c'était un sourire si tendre et si inconscient, une si grande grâce pour celui qui ne s'en rendait même pas compte, une offrande à celui qui aurait pu, si toute fois il existait, détenir son pauvre petit c½ur brisé.
Elle souriait, pour tout le monde c'est normal de sourire à quelqu'un que l'on aime même dans un rêve, mais pour elle s'était différent, déjà ce jeune homme elle ne le connaissait pas vraiment, elle le rencontrait souvent dans ses rêves mais il avait à chaque fois un visage différent. Et ensuite, lui sourire à lui, c'était si compliqué, si lourd de sens, le fixer était une épreuve, si elle faisait comme si de rien n'était, c'était encore pire... Elle avait un petit rêve, ce n'était pas que le jeune homme existe vraiment, c'était simplement de le fixer jusqu'à ce qu'il fasse la nuit sur sa vie.
Ce n'était qu'une espérance, pas quelque chose que l'on puisse vraiment réaliser, un rêve un peu flou, comme si les contours n'étaient pas très nets.
Elle rêva longtemps qu'elle était avec son jeune homme, même si elle ne connaissait rien de lui, ni son nom, ni son visage, ni même ses désirs ou ses passions, elle savait qu'elle l'aimait.
Car dans son rêve présent elle se trouvait avec lui dans une chambre, sur un lit, ils étaient seuls, ils s'embrassaient et quelques minutes auparavant, ils s'étaient soufflés des « Je t'aime » étouffés contre leurs cous respectifs. Elle était avec lui, elle ne savait pas ce qu'elle faisait, mais dans son rêve elle l'aimait, et elle lui faisait donc confiance.

Quand soudain, elle ressentit un picotement au niveau du creux du coude, en plein dans une de ses veines, cela venait de la réalité pas du rêve, elle cligna des yeux et eu le temps de voir une silhouette féminine habillée de blanc sortir de la chambre. La jeune fille cria et jura contre la jeune femme, elle comprit rapidement que la femme venait de lui injecter un puissant somnifère, elle cria à nouveau, avant qu'elle ne se rendorme, d'un sommeil lourd, sans rêves...

[Texte : Grouny]
[Photo : Grouny, Finalement]

# Posté le mardi 01 août 2006 05:34

Modifié le mardi 08 août 2006 08:31

[Just One]

Man Ray


L'orage d'une robe qui s'abat
Puis un corps simple sans nuages
Ainsi venez me dire tous vos charmes
Vous qui avez eu votre part de bonheur
Et qui pleurez souvent le sort sinistre de celui qui vous a rendue si heureuse

Vous qui n'avez pas envie de raisonner
Vous qui n'avez pas su faire un homme
Sans en aimer un autre

Dans les espaces de marées d'un corps qui se dévêt
A la mamelle du crépuscule ressemblant
L'oeil fait la chaîne sur les dunes négligées
Où les fontaines tiennent dans leurs griffes des mains nues

Vestiges du front nu joues pâles sous les cils de l'horizon
Une larme fusée fiancée au passé
Savoir que la lumière fut fertile
Des hirondelles enfantines prennent la terre pour le ciel

La chambre noire où tous les cailloux du froid sont à vif
Ne dis pas que tu n'as pas peur
Ton regard est à la hauteur de mon épaule
Tu es trop belle pour prêcher la chasteté

Dans la chambre noire où le blé même
Naît de la gourmandise

Reste immobile
Et tu es seule.


[Texte : Paul Eluard]
[Photo : Grouny, All Alone]

P.S. : Regardez les photos de Man Ray, moi, je suis amoureuse des photos en question.
[Just One]

# Posté le mardi 01 août 2006 17:30

Modifié le mercredi 02 août 2006 14:40

[Oh Father]

[Oh Father]
J'ai tout le temps besoin d'écrire, tout et n'importe quoi, juste pour ne pas sombrer, pour survivre ou plutôt, pour avoir l'impression de vivre. L'écriture est mon seul rempart, une des raisons pour lesquelles je vis.

La photographie, ce n'est pas pareil, j'ai commencé pour ressembler à mon père.
Car mon père était un artiste.
Mon père faisait les plus belles photos du monde.
Mon père m'a abandonnée, sans que je puisse lui dire qu'au lieu de le détester comme je le disais, je l'aimais.
Mon père nous a abandonnés.
Mon père a laissée la femme qui l'aimait seule avec trois enfants.
Mon père s'est suicidé.
Mon père est lâche.
Mon père est un imbécile.
Mon père a fait deux choses qu'il n'aurait pas dû faire.
Mon père est à lui seul la raison pour laquelle je m'oblige à ne plus pleurer.
Mon père est au présent alors qu'il appartient au passé.


Un jour, on m'a dit qu'on avais souvent tendance à oublier les mauvais souvenirs pour ne garder que les bons, la personne qui m'a dit ça j'ai failli lui cracher au visage, je ne veux pas oublier comment de son vivant il a réussi à faire souffrir ma mère, comme il a réussi à m'emmurer dans la solitude, je ne veux pas oublier comme j'étais heureuse de devenir demi-pensionnaire car je ne serais plus obligé de voire sa gueule à midi, je ne veux rien oublier de tout ce qu'il nous a fait subir, pourtant je dois avouer que j'ai tendance aux moments où je parle avec ma mère à accentuer les bons moments, même si je ne veux pas le faire, j'ai honte. J'ai envie de le détester, je lui ai dit un jour, car je lui parle souvent depuis qu'il n'est plus, je lui ai dis que s'il ressuscitait (si toute fois c'est possible) je le tuerais une deuxième fois car il était, est et sera toujours immonde. Je le pense vraiment, je ne dis pas ça pour rire, c'était un monstre.

Je me souviens même qu'un jour ma mère m'a dit : « Normalement ton père devrait aller en prison. » Et quand je lui ai demandé pourquoi, elle m'a répondu : « Je te le dirais quand tu seras plus grande... » J'ai eu très peur, j'ai pleuré ce jour là, c'était avant sa mort, je m'en suis souvenu le jour de sa mort :
« Maman comment il est mort ? » Mère-grand s'est empressée de répondre : « Il a pris de mauvais médicaments. » Mais maman m'a dit qu'il s'était pendu.

Ma théorie s'est échafaudée dans ma tête, (car je ne me souviens pas qu'on me l'ait dit) il s'était suicidé sur un coup de tête car il s'était bourré de médicaments, je ne comprenais pourtant pas trop cette théorie, comment un médicament pourrait-il pousser au suicide ?

Je ne devais pas avoir la réponse car ma mère ne voulait ma la donner qu'au moment où je serais plus grande, la réponse je ne l'ai toujours pas obtenue de la bouche de ma mère, mais cette année, en prenant des draps dans l'armoire de ma mère, une enveloppe est tombée, elle était écrit par la demi-soeur de mon père, j'ai eu des réponse, je n'en ai pas parlé à ma mère, je ne lui en parlerai sûrement jamais, mais l'enveloppe, je la garde comme un trésor est je la sort de sa cachette à chaque fois que l'envie m'en prend.



« Papa, toi, je t'aime, ce que je déteste, ce sont tous tes actes ! »


[Texte : Grouny, encore et toujours petite fille à Papa]
[Photo : Grouny : Auto-portrait]

# Posté le mardi 01 août 2006 18:08

Modifié le mercredi 02 août 2006 14:39

[A better world]

[A better world]
Juste parce que j'aime bien les petites histoires que je me raconte, juste parce que celles-ci est jolie et peut-être poétique, juste parce que je l'aime :


Elle ne savait jamais si les personnes qu'elle voyait de l'autre côté de la vitre étaient réelles, autant rester prudente, elle se disait que c'était encore possible qu'elle voie encore des spectres... Ces créatures, qui sont au seuil de la mort et qui viennent narguer les humains pour les pousser à les rejoindre. Elle en avait déjà vu quand elle était plus petite qui lui avait demandé le plus naturellement du monde :

« Tu veux jouer avec moi ? »

En petite fille étonnée, qu'elle était, elle avait regardé le spectre avec étonnement puis elle avait ouvert la bouche et finalement elle s'était mise à hurler. Le spectre avait penché la tête sur le côté, et avait regardé la petite fille et avait déclaré :

« Bon, c'est quoi la réponse ? Si tu cris à nouveau je pense que mes tympans vont imploser et si tu dis non, et bien je reviendrais te voir jusqu'à ce que tu dises oui... »

La petite fille avait regardé le spectre d'un air terrifié, et elle lui avait finalement dit avec un sourire plus hypocrite que naturel :

« Si tu veux, je jouerais avec toi, à quoi on joue ?
- A chat. Tu connais ?
- Oui, bien sûr, qui ne connaîtrait pas ? »


Alors avait commencé une partie de chat perché diablement exaltante pour la jeune rêveuse car le corps du spectre s'évaporait dès qu'on le touchait, et se faire toucher par le spectre était encore plus excitant pour la petite fille qui, à la fin de la partie qui s'était déroulée dans sa chambre demanda tout naturellement au spectre, qui, soit dit en passant avait une apparence de petite fille :

« Tu es morte comment ?
- Je ne suis pas encore morte, mais je parie que je vais bientôt mourir, mon corps est en ce moment même, à l'hôpital...
- Et pourquoi y est t il ?
- Je me suis blessée en tombant d'un arbre, jouer à chat perché peut parfois devenir très dangereux, fais attention la prochaine fois que tu y joueras... »


Sur ces paroles bienveillantes, le spectre s'était évanoui, il s'était dissous dans les airs, la petite fille pressentit que son amie d'une partie était morte...
Elle n'a plus jamais joué à chat perché.


[Texte : Grouny]
[Photo : Grouny, The Heart of No Sun]

# Posté le mardi 01 août 2006 18:22

Modifié le mercredi 02 août 2006 14:40